Un sein dans un Starbucks

un Sein dans un starbucks
un Sein dans un starbucks

Aujourd’hui, une inconnue m’a montré son sein gauche. Sans que je lui demande. Je n’ai pas eu besoin d’être drôle. Je ne lui ai rien dit de particulièrement intelligent si ce n’est « Bonjour, c’est libre ? ». Je ne sais pas, vous détectez une once de génie dans cette phrase ? Si j’avais dit : « Bonjour, je vous prie d’excuser par avance ma question qui pourra peut-être vous paraître inappropriée puisqu’après tout nous ne nous connaissons guère : ce fauteuil est-il libre ? » j’aurais pu, à la limite, passer pour un littéraire. Mais est-ce qu’un homme de lettres, de par ses aptitudes, parvient à voir plus de seins durant la journée que le reste de la population ? Rien n’est moins sûr.

Le plus étonnant c’est qu’elle l’a fait en plein milieu d’un Starbucks surpeuplé.

Pourquoi ? Qu’est-ce qui a bien pu la motiver ? Comment en est-on arrivé là ? M’a-t-elle mal compris ? D’accord, les conversations bruyantes de la clientèle, associées à la musique diffusée dans l’établissement, ne permettent pas toujours d’entendre clairement les propos de vos interlocuteurs. Mais là, je ne vois pas comment on peut transformer « c’est libre » en « est-ce que je pourrais voir votre sein gauche ». Alors oui, je ne suis pas expert en linguistique mais il me semble tout de même qu’il n’y a aucune consonance dans ces deux phrases et, qu’en plus, le nombre de syllabes diffère suffisamment pour écarter définitivement la thèse de la confusion.

Et en admettant que l’erreur d’interprétation soit malgré tout possible, IL N’EST JAMAIS AUSSI FACILE DE VOIR DES SEINS DANS LA VRAIE VIE !!! Je peux vous le garantir de par mon expérience, il ne suffit pas, dans ce domaine particulier, de simplement demander pour obtenir le résultat espéré.

Le pire dans cette sombre histoire, c’est qu’elle a commis cet attentat à la pudeur – à ma pudeur – devant son bébé !! Rien d’étonnant, alors, que le monde se remplisse peu à peu de névrosés lorsque l’on assiste à de tels comportements.

Je me demandais en arrivant vers eux, pourquoi le petit pleurait si fort alors qu’il se trouvait pourtant dans le temple du café avec, en sus, un disque de John Coltrane comme musique de fond. Je me suis dit dans un premier temps qu’il était très certainement dépressif. Ça arrive. Mais j’ai bien vite compris que la raison de sa tristesse n’était autre que les agissements irresponsables de sa mère.

Et, d’un coup, pour définitivement me convaincre que cette femme avait un sérieux problème, alors que son bébé semblait toujours plus malheureux et qu’elle aurait pu simplement lui offrir, pour le calmer, un des fantastiques double espresso du Starbucks, elle préféra tenter de l’étouffer avec son sein. Oui, vous m’avez bien lu : Elle décida subitement de coller la tête de son enfant contre sa mamelle. Naturellement, avec le nez et la bouche pareillement écrasé par la poitrine maternelle, impossible dorénavant pour le nourrisson d’émettre la moindre protestation.

Alors que, n’écoutant que mon courage, je m’apprêtais au péril de ma vie à intervenir, le téléphone de la jeune maman se mit à sonner ce qui l’obligea à relâcher la pression qu’elle exerçait sur le bambin, laissant ainsi à ce dernier quelques secondes de répit. Heureusement pour lui.

Mais malheureusement pour moi puisque je n’eus alors d’autres choix que de voir à nouveau ce sein virevolter dans tous les sens durant la phase – interminable – de recherche du portable.
De longues minutes – ou peut-être était-ce des heures ? En état de choc, je perds toujours la notion du temps – plus tard, après avoir raccroché, elle se décida enfin à ranger son sein et son bébé avant de me saluer en partant, comme si de rien n’était.

Naturellement, pour éviter tout nouveau malentendu et, par la même occasion, montrer mon indignation, j’ai préféré cette fois-ci me taire et l’ignorer. Bien fait.

Un sein dans un Starbucks

Au 1er rang, un homme ne comprend pas ce qui lui arrive.

 

 

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